Les bureaux de la police de sûreté sont installés Petite-rue-Sainte-Anne à Paris (aujourd'hui rue Boileau).
Avec une poignée d'agents, il obtient des résultats étonnants et se taille une forte réputation dans le milieu.
Vidocq est sur tous les fronts et se fait des ennemis dans la pègre comme dans la Police : Voleurs, faux monnayeurs, assassins, et faux nobles que la Restauration a fait naître et pulluler à la cour de Louis XVIII sont tous la cible de Vidocq et ses hommes.
La haute société recherche la compagnie de Vidocq en qui il voit un personnage fascinant. Il est convié à toutes les bonnes tables de France et correspond avec plusieurs personnes de la haute noblesse.
1er Avril 1818 Vidocq obtient la grâce de Louis XVIII pour sa condamnation pour faux. Le lois ont changé et les condamnations pour faux ne conduisent plus au bagne.
Dans les dernières années de la restauration, l'opposition politique attaque vigoureusement le régime en place. Vidocq n'est pas épargné et deviendra même une cible privilégiée. Le Préfet Delavau qui craint pour sa position lâche peu à peu Vidocq. Un proche de Delavau, un arriviste parvenu du nom de Duplessis persuade le préfet de se débarrasser de Vidocq. Harcèlement et reproches vont alors pleuvoir sur Vidocq et sa brigade.
En Novembre 1820, Vidocq se marie avec Jeanne-Victoire Guerin mais le mariage n'est pas heureux, sa femme est très souvent malade et décède le 30 Juillet 1824. La mère de Vidocq mourra 1 mois plus tard à 83 ans.
Le 20 Juin 1827, Vidocq est contraint à envoyer sa lettre de
démission au préfet Delavau .
Au lendemain de sa démission, Vidocq s'atèle à l'écriture de ses mémoires.
En 1828, elles seront publiées et auront un énorme succès. Mais Vidocq n'est pas satisfait du travail des teinturiers ("hommes de lettres" qui étaient sensés aider Vidocq dans la rédaction des ses Mémoires) qu'il avait engagé pour, il fera donc ensuite paraître ses vraies mémoires écrites par Froment. Ses mémoires seront traduites en Angleterre et adaptées en pièce de théâtre.
Parallèlement à cela, il ouvre une manufacture de papier infalsifiable et d'encre indélébile à Saint-Mandé. Il y fait travailler d'anciens forçat (cette action inspirera le personnage du Père Madeleine à Victor Hugo dans "les Misérables"). Vidocq aura les pires ennuis avec les riverains du fait du passé de prisonniers de son personnel et des nuisances liées à son activité industrielle.
Le 28 Janvier 1830, Vidocq épouse sa cousine Fleuride-Albertine Maniez à Saint-Mandé. Elle a 18 ans de moins que Vidocq et sera sa fidèle alliée dans toutes les épreuves qu'il subira par la suite.
En 1832, Vidocq se fait rappeler par Casimir Perier (alors Secrétaire générale mais bientôt préfet) qui a bien du mal à endiguer les révoltes de Juin. Vidocq redevient chef de la sûreté le 31/03/1832.
La mission de Vidocq : Protéger la monarchie et le trône de Louis-Philippe qui règne depuis 2 ans. Vidocq affronte les insurgés sur les barricades et triomphe à chaque fois. A 57 ans, il a sauvé la monarchie et sera remercié par le roi pour sa bravoure.
Vidocq continue alors son activité à la sûreté. A nouveau sous le feu des projecteurs, Vidocq retrouve ses anciens ennemis : La Police et la presse d'opposition.
Le 20 Septembre 1832, Vidocq comparait dans le procès d'une bande de voleurs : On lui reproche d'avoir provoqué les accusés et de les avoir poussé à commettre le vol pour lequel ils sont inculpés. Le fait est que Vidocq a bel et bien monté ce coup pour prendre la bande en flagrant délit. Les défenseurs des accusés les feront passer pour des victimes mais Vidocq démontera cette argumentation par sa grande connaissance du pedigree de chacune des soi-disant victimes. Les accusations contre Vidocq tombent d'elles-mêmes.
Ce triomphe est un camouflet pour les détracteurs de Vidocq qui devient à nouveau "trop voyant" et une menace pour le préfet en
place. On devra donc s'arranger pour écarter Vidocq à nouveau. Sa démission sera provoquée par une restructuration des services de police et la fusion de la brigade de sûreté avec la police
municipale. Vidocq n'accepte pas cette perte d'autonomie et sous prétexte que sa femme est malade (ce qui est toutefois exact), il donne sa démission le 15 Novembre 1832, pour la seconde
fois.
En 1833, Vidocq ouvre son "Bureau des renseignements Universels" tout en restant surveillé de près par ses anciens ennemis.
Vidocq continuera d'être jalousé et il le sera encore plus tout le reste de sa vie.