Bruxelles est à l'époque, le repaire de tous les malfrats et Vidocq y vit d'escroqueries diverses. Après l'une de ses escroqueries, les gendarmes tentent de l'appréhender mais il leur échappe après les avoir enivré, c'est sa première évasion. Après avoir été déserteur il devient maintenant recherché pour évasion.
De 1795 à 1796, Vidocq bouge beaucoup : Bruxelles, Arras, Paris, Lille (d'où il tirera plus tard, ses souvenirs des Chauffeurs du Nord). Il y parfait sa connaissance du milieu.
En 1795, il rejoint l'Armée roulante sous l'uniforme d'un Capitaine de hussard et sous une fausse identité (l'Armée roulante est une troupe d'escrocs déguisés en soldats qui profitent de cette apparence pour abuser les gens crédules tout en restant bien éloignés des champs de bataille). Il quittera l'Armée roulante et partira pour Paris où il arrive le 2 mars 1795 non sans avoir au préalable escroquer une riche veuve de 15 000 Francs-or.
Il fréquente le milieu parisien mais n'arrive pas vraiment à s'y intégrer. Il quittera donc Paris et retournera dans le Nord ou il fréquentera un temps des bohémiens tziganes.
Il quitte ces derniers pour une femme très volage qui le trompe avec un militaire. Un beau jour, Vidocq surprend les deux amants et rosse le militaire. Ce dernier porte plainte contre Vidocq qui est condamné à trois mois de prisons, c'est sa première vraie condamnation. Vidocq a 20 ans, il est emprisonné à Lille.
Vidocq s'intègre parfaitement dans l'univers carcéral et en comprend rapidement les rouages. C'est à l'occasion de cette incarcération qu'il commettra l'erreur qui le suivra toute sa vie durant.
Les faits sont les suivants :
Vidocq fait connaissance avec deux condamnés pour faux : Jean-François Grouard et César Herbaux qui désirent faire évader un certain Sébastien Boitel, laboureur condamné pour avoir volé du grain pour sa famille (si les deux faussaires aident Boitel c'est uniquement dans le but d'en tirer quelque profit).
Boitel est de santé fragile et une évasion classique (par tunnel ou par le mur) n'est pas envisageable. Selon Vidocq, c'est Herbaux qui imagine donc de faire un faux ordre de mise en liberté (certains historiens pensent plutôt à une idée de Vidocq).
La création du faux ordre est en marche et Vidocq y participe car il possède un cachet militaire dont il se servira pour tamponner l'acte et lui donner un aspect plus officiel. Par sa participation, il signe sa condamnation pour complicité.
Un certain flou entoure la participation de Vidocq à ce délit. Néanmoins, Herbaux et Grouard chargeront Vidocq au cours du procès et ce dernier sera condamné le 27 Décembre 1796 à 8 ans de bagne pour faux.
En 1799, après avoir joué le marchand de Boeufs, Vidocq voyage de Cholet à Paris puis Arras, Bruxelles, Ancer puis Rotterdam où il
se fait enrôler de force sur un vaisseau Hollandais.
Après une brève carrière de marin, il sera à nouveau arrêté, transféré à Bicêtre le 22 Juin 1799, puis le 3 Août au bagne flottant de Toulon d'où il s'évadera le 6 mars 1800.
De 1803 à 1805, il vivra du commerce de tissus avec sa mère. Il sera de nouveau arrêté puis s'évadera.
De 1806 à 1808, il mènera vie aventureuse et fera de nouvelles tentatives commerciales.
En 1809, il est de nouveau arrêté. Et décide d'en finir avec cette vie marginale. Il offre ses services à la Police pour dépister les criminels incarcérés sous de fausses identités et le 20
juillet, il est écroué à Bicêtre où il commence son travail d'indicateur. Le 28 Octobre, il continue ses mêmes activités à la prison de La Force.
Sa courte carrière de mouchard sera couronnée de succès et se fera avec l'admiration du Préfet de Police, Mr Dubois et de son chef de division, Mr Henry.
Début 1811, Pasquier remplace Dunois à la préfecture et Vidocq sort définitivement de prison en simulant une évasion. En automne 1811, on organise la police de sûreté. Vidocq recrute ses agents parmi les gens du milieu. Il est désormais chef de la brigade de sûreté.